Apprivoiser l'Amérique

                                   

                                      ANTOINE, L'HOMME DE TOUTES LES STRATÉGIES


Transplanté en Nouvelle-France à l'âge de 6 ans, Antoine en a 23 quand, le 2 Septembre 1663, il signe les conventions de mariage qui vonet le lier à Catherine Lefebvre, 15 ans. Elle est la fille de Pierre Lefebvre, l'un des plus importants propriétaires terriens de la région de Trois- Rivières. À l'époque du mariage des jeunes gens, Lefebvre possède la future seignuerie de Gentilly, un ilot sur la rivière Saint Maurice ainsi que plusieurs terres baignées par l'immense lac Saint-Pierre. À la mort de Pierre Lefebvre, une partie de ces propriétés sera léguée à Catherine.

Antoine et Catherine vivent d'abord au Cap-de-La-Madeleine don't ils s'éloignent vers 1675 pour aller a s'établir à Batiscan où vivent les coureurs des bois le plus intrépides du pays. Antoine tient une maison de commerce et, dans ses activités quotidiennes, il utilise déjà le nom de Trottier dit Desruisseaux.

En 1683, on découvre une trace de l'aisance et des valeurs profondes du marchand de Batiscan qui retient les services de Pierre Bertrand, un écolier diplôme de l'université de Paris. La mission de jeune professeur consiste à instruire les enfants à domicile. Ils sauront lire, écrire et computer, connaissances dont les enfants de France et de Nouvelle-France sont généralement privés. De plus en plus fréquemment, Antoine embauche des jeunes gens qui, pour son compte, vont acheter les peaux de castor, de loutre ou d'original offertes par les chasseurs amérindiens. Dans un acte notarié rédigé en 1700, il se définit lui-même comme marchand bourgeois de Batiscan. Des laboureurs travaillent pour lui, et il continue à négocier et à vendre du blé, recrutant ses clients jusque dans l'entourage de gouverneur de la colonie. Il marche sur la voie de la prospérité.

Etre négociant et déléguer, sur la route des fourrures, des hommes qui traitent en son nom ne suffit pas à Antoine Trottier dit Desruisseaux qui veut s'immiscer dans l'emsemble du processus commercial qui alimente la France en peaux de castor. Pour y parvenir, il s'appuie sur ses nombreux enfants. Deux filles et dix garcon sont nés de son mariage. Neuf des garçons atteindront l'âge adulte.

À ses filles aussi bien qu'à ses fils, il taille une place à leur mesure. Il guide d'abord les ainés qui, après sa mort survenue le 5 Décembre 1706, entraineront leurs cadets dans une entreprise don't les ramifications vont s'entendre le long de la chaine des forts de traite qui traverse l'Est de l'actuel territoire Américain. Librement ou non, Marie-Catherine et Marie-Anne soutiendront leur père en épousant des hommes susceptibles de s'associer durablement avec lui.
Marie-Catherine a épousé le 2 Mai 1696 à Jean Cuillerier. Leur fils Jean-Baptiste Cuillerier dit Beaubien était un fondateur de Detroit et de leur petit-fils, Jean-Baptiste Beaubien un pionnier de Chicago. Jean Cuillerier était le fils de René Cuillerier un marchand de fourrures trés actif à Montréal et sur le continent.

                                            PIERRE, SEIGNEUR  DE L'ILE AUX HERONS


Le marchand de Batiscan convoite I'île aux Hérons et les îsles adjacents, qui appartiennent à la Congrégation de Notre-Dame, fondée par Marguerite Bourgeoys. La transaction est effectuée le 1er Juilllet 1698, par l'intermédiare de René Cuillerier, au nom d'Antoine Trottier et de son fils Pierre. Ce dernier est le véritable bénéficiare de l'opération qui lui vaut le titre et les droits de seigneur de I'île aux Hérons Pierre ne se contente pas d'y faire constuire un grange et d'intercepter une partie des pelleteries transportées sur le fleuve. Il embauche des coureurs des bois et il établit un réseau commercial entre le fort Detroit {fort Pontchartrain} et Montréal. Comme son frère Julien, il acquiert le statut de marchand. Nommé tuteur de ses beaux-frères et belles-soeurs, héritiers de la seigneurie de Lauzon, il veille au respect de leurs droits et de ceux de sa femme, Catherine Charet, elle- même héritière d'une partie de ce bien.

                                                 JOSEPH, SEIGNEUR DE L'ÎLE PERROT


La possession du point névralgique de I'île Hérons ne sufit pas à Antoine Trottier dit Desruisseaux qui vent y adjoindre I'île Perrot, située à la junction du lac des Deux- Montagnes et du lac Saint-Louis. De retour des Pays d'En-Haut, les voyageurs doivent contourner cette île qui appartient alors aux fils de Charles Le Moyne de Longueuil. Elle est vendue, le 27 Avril 1703, à l'ainé des fils d'Antoine Trottier devient alors seigneur de I'île Perrot. Etre seigneur n'apporte ni noblesse ni richesse, aussi Joseph Trottier va-t-il poursuivre ses activités de voyageur et de coureur des bois. Aprés la mort de son pére, Il administrera la succession paternelle et agira comme tuteur de ses frères et soeurs mineurs. En 1700, quatre ans après le marriage de Marie-Catherine, il épouseait Françoise, fille de René Cuillerier et soeur de Jean Cuilerier. Les liens entre les deux families sont alors si étroits qu'il est désormais permis d'evoquer l'image du clan.

                                     MICHEL, SEIGNEUR DE RIVIÈRE-DU-LOUP-EN-HAUT


Michel Trottier a été seigneur de la Rivière-du-Loup-en-Haut {Louiseville}, un vaste territoire baigné par le lac Sainte-Pierre. Enregistrée le 13 Juin 1701, la transaction est orchestrée par Antoine Trottier dit Desruisseaux qui, tout en favorisant un autre de ses fils, veille à son intérêt personnel, la seigneurie de la Rivière-de-Loup-en-Haut étant comme I'île aux Hérons et I'île Perrot une autre voie de passage des fourrures. Antoine se porte donc garant des 4000 livres requises pour l'achat de la seigneurie par son fils, Michel Trottier dit Beaubien, marié depuis un an à Agnès Godefroy de Linctôt, don't la famille a éte anoblie en 1668. Michel devient ainsi propriétaire de l'une des terre le plus riches de la région de Trois-Riviéres. Un an après la mort d'Agnès Godefroy de Linctôt survenue au mois d'Octobre 1714, Michel épouse Thérèse Mouet, fille d'un officer du régiment de Carignan, don't la dot incluait un tiers de I'île de Moras, sur la rivière Nicolet.

Antoine Trottier dit Desruisseaux est décédé à Batiscan le 5 Décembre 1706, un peu moins d'un an apès la mort de Catherine Lefebvre. Voyant sa fin venir, il avait rédigé son testament et confiè à son fils Joseph le soin d'administrer la succession avec équité. Il laissait des biens de valeur, un nombre considérable de propriétés, mais il avait surtout fourni à ses enfants les outils qui leur ont permis de se tailler une place enviable dans une société don't ils étaient également les pionniers.

                                                     GENS DE COEUR ET D'ESPRIT


Au début du X1X siècle, la fourrrure n'etait plus le motuer de l'écomomie du Québec qui s'ouvrait à l'exploitation forestière. Chez les Trottier dit Beaubien,Desruisseaux et Desrivières où plusieurs avaient poursuivi leurs activités dans le commerce des fourrures, on était préparé à cette revolution. Certaines fortunes étaient grandes, d'autres modestes, mais toutes étaient stables, leurs propriétaries ayant eu la sagesse d'investir dans les terres agricoles et des domaines urbains.

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