Un Rêve d'Amérique

                                     

                                     JULIEN ET CATHERINE, DES ÊTRES DE COURAGE


La famille Beaubien est l'une des plus anciennes de ce pays. Ses origines sont les mêmes que celles des Trottier qui se sont enracinés sur le continent il y a maintenant un peu plus de 350 ans. Après avoir lutté pour se tailler une place en Nouvelle-France, les Trottier et les Beaubien ont contribué à l'essor de cette colonie, puis à la prospérité du Canada. La plupart de leurs descendants sont restés dans l'ombre, mais quelques-uns se sont illustrés au-delà des frontières de notre pays.

Une couple, Catherine Loyseau et Julien Trottier, est à la source de notre patronyme. On ne connait ni la date ni le lieu de la naissance de Julien, qui a indifféremment porté les prénoms de Gilles et de Jules, mais il aurait vu le jour vers 1591, dans l'ancienne province du Perche qui fait aujourdi'hui partie de la Normandie. La date se son marriage avec Catherine loyseau, née vers 1603, reste incertaine. Mais nous savons que Sainte, la premiére de leurs six enfants est née
vers 1628.

Le projet de départ pour la Nouvelle-France prend forme au début de l'année 1646 alors que le couple vit dans le bourg de Chemillé. Julien, laboureur a 55 ans, Catherine en a 43. Comme on le dit pudiquerment à l'epoque où ils ont décidé de partir, Catherine porte un enfant sous le tablier et elle veille sur quatre fils âgés de 18, 10, 6 et 2 ans. Sainte, l'ainée et l'unique fille du couple est alors
mariée ou diparue, puisque nulle part il n'en est fait mention par la suite.

La décision des Trottier, qui s'apprêtent à suivre l'exemple de dizaines de familles du Perche venues s'établir en Nouvelle-France, n'est pas banale, car peu de families déjà constituées ont envisagé de tout quitter pour repartir à zéro sur un autre continent. Leur courage est d'autant plus grand que les rumeurs qui circulent en France nourrissent les craintes des futurs émigrants à propos de la colonie du Canada. Les Trottier n'ignorent rien des rigueurs de l'hiver et des attaques iroquoises. Ils savent qu'ils devront s'adapter à un nouvel environnement, défricher une terre et y construire une maison. La perspective d'un salarie pour le pére et d'emplois pour ses fils écarte les peurs et les angoisses. En Amérique du Nord, il est permis d'espérer.

Avant de quitter le Perche, les Trottier vendant leur maison et les biens qu'ils ne peuvent emporter avec eux. Au jour prévu, un charretier charge les baggages constitutés de quelques meubles, d'une ou deux grandes malles où sont rangés conserves de fruits, provisions, vêtements, vaisselle et untensiles. Aprés les adieux aux parents et aux amis, ils marchent vers la croisée des chemins où se trouvent d'autres émigrants avec lesquels, ansi le veut la tradition, ils doivent se rendre à la chapelle où un prétre les attend. Le défilé se met en branle après la messe d'action de grâce et la bénédiction générale. Débute alors la première étape du voyage, celle qui conduit les futurs colons de Nouvelle-France vers le port de La Rochelle.

                                                                   VERS QUEBEC


Julien Trottier et les siens arrivent à la Rochelle aux premiers jour mois de Juillet 1646. Le 4, vers midi, Julien se présente à l'étude de notaire royal Pierre Teuleron, où le rejoint Pierre Legardeur de Repentigny, directeur généneral des embarquements de la Nouvelle-France. Ce dernier, qui agit au nom de son beau-frère, Jacques Leneuf de la Poterie, seigneur de Portneuf et Gouverneur de Trois-Riviéres, dicte et signe le contrat d'engagement de Julien Trottier. Ce document stipule qu'avec l'aide d'un engagé fourni par Leneuf, l'ancêtre consacrera les sept années suivantes au défrichement et à l'exploitation de la métairie de Portneuf et au sciage du bois de pin. Son salaire équivaudra à la moitié des revenus de travail qu'il y accomplira. Le futur colon reçoit 46 livres pour s'habiller.

Vers le fin du même mois, l'embarquement a lieu à bord du Cardinal commandé par Pierre Legardeur de Repentigny. La Petitie flottille qui comprend en outré le Notre Dame et le Navaire Neuf accoste à Québec le 23 Septembre suivant. Quand Catherine Loyseau met pied à terre, elle tient un nouveau-né, Jean-Babtiste, qui sera baptisé à Québec, quatre jours plus tard. Le séjour des Trottier à Quebec est bref, Il y passent quelques semaines, après quoi ils se dirigent vers Portneuf.

                                                  DE PORTNEUF A TROIS-RIVIÈRES


Concédée à Jacques Leneuf de la Poterie en 1636, la seigneurie de Portneuf est située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Trois Rivières. C'est un petit poste que son propriétaire a négligé de dévolopper et don't il risque de perdre les titres s'il ne le peuple pas. L'engagement de Julien Trottier s'inscrit dans cette perspective et les négociations de paix qui se succèdent dans la region depuis quelques années permettent à Leneuf d'espérer que les colons profiteront enfin d'une accalmie Maleureusement, la paix n'est pas au rendez-vous. Quelques mois après leur arrivée à Portneuf, les Trottier et les autres colons établis dans la seigneurie s'en éloignent brusquement pour échapper au harcèlement et au pillage qui menacent leur sécurité. Ont-ils, comme la plupart des habitants se la region, trouvé un refuge temporaire à Québec. Une chose est sûre, le contrat signé à La Rochelle ne sera jamais exécuté.

Deux ans plus tard, JulienTrottier vit à Trois-Rivières, mieux protégée, mieux défendue qu'auparavant. Le 7 Juin 1650, il s'engage à défricher le premier lopin de terre qui lui est concédé et à y construire une maison. Malheureusement, les querres iroquoises qui contraignent les colons à consacrer plus de temps à la défense de ville qu'à l'entretien der leur terre anéantissent ce nouveau project. En 1652, il vend une moitié de cette terre à Jacques Leneuf de La Poterie et l'autre moitié est laissée en friche, Julien tirant ses revenus, semble-t-il, d'emplois sur divers chantiers de construction dans le bourg de Trois-Rivières.

Au mois de Novembre 1652, Julien Trottier achète une terre au Cap-de- la-Madeleine où, croit-on, la sécurité est mieux assurée. C'est la dernière étape du voyage qu'il a entrepris quelques années plus tot. Il est inhumé le 10 May 1655, à l'âge de 64 ans. Catherine Loyseau le rejoint le 28 Janvier de l'année suivante.

                                                  LES DESTIN DES FRÈRES TROTTIER

                                                                          GILLES

Le destin de Gilles, né en France vers 1628, est lié aux guerres qui sévissaient en Nouvelle-France au moment de son arrivée, alors que plusieurs dizaines de Français de tous ages y ont été tués ou enlevés. Le fait qu'il ait gagné sa vie comme interprète indique que les langues autochtones lui étaient familières et permet de supposer qu'il avait accompagné les missionnaires et les coureurs des bois dans des expéditions de découverte, d'évangélisation ou de traite. Enlevé par les Iroquois au début de l'année 1655, il est ramené à Ville-Marie, en meme temps que d'autres captifs, grâce à une médiation entreprise par Charles Le Moyne de Longueuil et par le fondateur de Montréal, Paul de Chomedey de Maisononneuve. Il est mort dans cette ville au mois de Février 1658. Célibataire, il léguait tous ses biens à l'eglise de Ville- Marie.

                                                                           JULIEN

Le deuxième des fils de Julien Trottier et de Catherine Loyseau a été baptisé à Igé, dans le Perche, le 30 Mars 1636. Marie Sédilot, qu'il épouse à Québec le 16 Août 1660, lui donnera trois enfants. Dès leur mariage, ils s'établisssent sur la terre paternelle du Cap-de-la- Madeleine et tout indique qu'ils ont hébergé les frères de Julien jusqu'à ce qu'ils se marient à leur tour. Mort prématurément vers 1669, Julien laisssait deux filles, Elisabeth et Catherine, qui sont entrées dans la trés prospère famille Rivard. On ignore quel a été le destin de leur unique fils, Antoine.

                                                                          PIERRE


Laboureur et agriculteur, Pierre,cinquième des enfants de Julien et de Catherine, a connu une existence sans histoire. Dix enfants sont nés de son mariage avec Suzanne Migaud, célébré le 18 Janvier 1663. Le couple s'est fixé au Cap-de-la-Madeleine, mais leur aîné, Benjamin Joseph, s'est établi dans la région Montréalaise. Par les titres terriens que s'attribua l'un de ses fils, il est à l'origine de l'une des familles Valcourt et de l'une des familles Duvernay du Canada. Pierre comme son frère Antoine et notre ancetre direct. La fille de Pierre était Madeleine Trottier. Elle a épousé Louis Joseph Hubert. Leur fille Suzanne Hubert épousa Pierre Reaume. Leur fille Suzanne Hubert La Croix Reaume épousa Jacques Duperron Baby. Leur fille Thérèse Baby epousa Thomas Allison. Leur fille était Suzanne Allison-de Gaspé.

                                                                   JEAN-BAPTISTE


En 1646 sur Le Naivre qui transportait ses parents et ses frères en Nouvelle-France, Jean-Baptiste s'est marié le 24 Juin 1667, avec Geneniéve Lafond ou de La Fond, fille de Marie Boucher, soeur de l'illustre Pierre Boucher. De cette union sont nés treize enfants don't dix filles et trois garcons. La plupart ont concentré leur activités dans la région trifluvienne, principalement à Champlain, à Batiscan et à Saint-Anne-de-la-Pérade.

                                                                       ANTOINE


Né à Igé au mois Janvier 1640, Antoine est le deuxième des fils du Julien et de Catherine à avoir reçu le prénom de Gilles, mais il sera connu sous celui de son parrain, Antoine de Vaussé. En 1663, il épouse Catherine Lefebvre qui lui donnera douze enfants don't dix garcons. Cédant à la coutume qui se répand en Nouvelle-France, Antoine Trottier et la plupart de ses fils vont adopter des surnoms, ce qui permettra à leurs contemporains de ne pas les confondre. Dans le cas des familles terriennes, les surnoms sont généralement inspirés des caractéristiques de la terre ancestrale ou des terres acquises au début de la vie adulte. C'est purquoi il faut chercher les descendants d'Antoine Trottier parmi les Beaubien,Belcourt,Desruisseux,Desaulniers, Desrivières,LaBisonnière,Pombert et Cuillerier dit Beaubien.

 

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